Paroles de lecteurs
Mon mari n’est pas un lecteur fidèle. Il faut dire qu’il ne lit qu’en Anglais et je n’irai pas jusqu’à dire que la langue de Byron est proscrite sur mon blog mais on n’en est pas loin. De plus, Olivier ne lit pas de fiction. Il lit “sérieux” et vit avec une femme qui s’est juré le jour de la remise de son DEA de ne plus jamais ouvrir un essai de sa vie ! Et quand je vous parle de lectures sérieuses, je ne badine pas : il dévore des bibliographies sur la constitution des Etats-Unis. Si si et il me commente ses lectures. Je mérite un césar quant à mes prestations de haut vol sur le sujet, vous pouvez me croire….
Evidemment passer des pères fondateurs à la prose de sa femme, la chute est abyssale. Je le soupçonne également de ne m’avoir jamais pardonnée de l’avoir devancé quelques trimestres en Français au lycée. Reconnaissons à sa décharge qu’il connaît l’histoire d′avance et qu’il me lit en diagonale craignant de sévères représailles. Je pense qu’il anticipe également mes longues périodes de doutes et les questions que je lui pose.
Petite cession hier au déjeûner. Je lui demande ce qu′il pense de mon écriture. Des fois je devrais me souvenir qu′on ne pose des questions que si l’on souhaite écouter les réponses. Invariablement, il me donne la même lecture. Il trouve l’ensemble laconique voire sybillin. Il semblerait que, volontairement, je ne facilite pas la lecture occasionnel. Il faut travailler pour te comprendre même moi qui, pourtant, connaît bien le sujet ! Sa réponse me travaille, je la rumine en chemin. Nous croisons toute une file d’ouvriers qui transportent un tuyau. Ils ont un code à chaque coup de sifflet ils avancent de deux pas. Le dernier tout au bout du tuyau n′y voit goutte. Et, pourtant à chaque coup de sifflet il avance confiant. Tu vois et si c’était ça ma vision de la vie. Finalement j’avance dans le noir. Je ne peux pas expliquer ce que j’ignore, et le fil se déroule poste après poste. Peut-être me répond-il. Et c’est moi qui suis qualifiée de sybilline….
Original post by sophie bellais