Nouvelle année, nouveau monde
Ce matin, dans la fumée du feux d’artifice, nous nous sommes souhaité tout plein de belles choses. Et au milieu des "vivas Chile", nous avons dit au revoir pour de bon à la vieille Europe. C’est en regardant autour de nous dans la foule, que j’ai compris pourquoi je me sentais si bien ici. Nous sommes dans un nouveau monde. Dans un pays frontière. Vraisemblablement un des derniers far west, en tous cas quelque chose en construction. Et nous n’étions pas les plus jeunes loin de là. Et le fait d’avoir autant de jeunes qui espèrent un avenir meilleur dans sa population change complètement la donne.
Il n’y a pas de petits vieux sur les bancs, les municipalités financent des écoles pas des morgues. Quand on arrive d’un pays qui ferme ses maternités et qui n’a pas de crèche, se promener dans les quartiers résidentiels donne le tournis. Je croise tous les jours des mères entourées de 5 fils ou plus qui s’alignent comme les daltons. Avec nos deux enfants, nous nous affichons plus européens que jamais. Ici les partis politiques ne parlent pas d’acquis ou de retraites, ils évoquent le financement des études et l’endettement. C’est le rêve sud-américain. Chacun veut consommer et croire à son avenir, les sociétés de crédit font le reste. Avec cette méfiance typiquement chilienne de celui qui a peur de dévoiler ses projets durant son sommeil. On se croirait dans une ruée vers l’or virtuelle. Il y aura des déçus réels mais pour le moment la dynamique nous entraîne.
Original post by sophie bellais


