Maximus

Ca va finir par devenir une habitude, je me suis encore retrouvée à une réunion avec l’institutrice. Pour parler de Maxence cette fois-ci. Notez que changer de sujet n’a pas changé le fond de la conversation. Mon fils ne s’intéresse qu’à ce qui lui convient. C’est curieux me dit miss Lili comme il ne se soucie absolument pas des règles ni des autres. Le plus court chemin d’un point vers un autre est sa ligne droite et il renverse tout ce qui le gène. Pendant qu’elle parlait je visualisais mon fils comme un éléphanteau et je me disais que nous étions sévèrement partis en vrilles sur le choix des prénoms. Max “le plus”, évidemment parfois c′est aussi le plus remuant.

Que faites chez vous pour vous faire obéir ? me demande gentiment Lili. Je n′ose pas lui dire, que justement nous ne faisons rien. J′ai renoncé après des années de luttes avec l’aînée à me faire obéir. Je regarde avec envie les enfants des autres si propres et si ordonnés. Je suppose qu′il s′agit d′une loterie et que c’est la faute à l’ironie du sort. Comment peut-on se faire obéir d′un enfant ? En limitant les règles. Numériquement forcément vous limitez les transgressions. Ce n′est pas glorieux mais c’est bien plus efficace que les glapissements du dimanche soir dont je suis lasse. Oh mais non je ne suis pas une maman laxiste. Pendant les années à venir, je punirai cet enfant, je tenterai de lui expliquer autant de fois que nécessaire qu′il doit se plier aux lois familiales et sociales. Je le regarderai cogner encore et encore sur les murs de rage et, un matin de sa huitième année, quand de lui même il ramassera un objet par terre et ne claquera pas la porte, je me dirai que finalement ce n′était pas en vain.

J’ai du le dire à voix haute, elle avait les yeux écarquillés. Vous êtes brave m’a-t-elle dit, vous savez ce qui vous attend et vous restez calme. Nous avons beaucoup de primo-parent ici et ils se découragent facilement ou dénient carrément ce que nous leur annonçons. Les pauvres ils ne connaissent pas les terribles deux ans, ni la catastrophe des trois ans, ni la rebellion des 4, ni l’insolence d’après. Remarquez c′est mieux ainsi sinon personne ne se lancerait. Mais vous savez me rassure-t-elle il y a quand même deux choses qui le calment. Ah oui ? Oui les percussions et la nourriture. Tout n’est donc pas perdu.

Musico (c) SB

Original post by sophie bellais

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