Le parcours du consommateur
C’est la rentrée des classes lundi, pour les deux en plus. Me voici partie à l’assaut de la ville avec des listes longues comme un jour sans pisco sour au milieu d’enfants braillants et de mères débordées. Et j’ai l’air finaude de demander aux vendeuses de me montrer les objets. Non ne tentez même pas de m’expliquer montrez-moi.
Dans les rayons ça râle sec.Tout a augmenté paraît-il. J’ai l’impression d’entendre ça depuis que je suis née. C’est un phénomène mondial me dit mon mari, ne t’inquiète pas. Je ne m’inquète pas, je constate. Et j’ai une terrible envie de m’asseoir en terrasse et d’attendre que les hordes hurlantes s’en aillent. Et de baillonner le vendeur au micro qui nous crie dans les oreilles depuis au moins trente minutes que ses cahiers sont les moins chers de la ville. Je suis prête à prendre le premier caddie qui passe et à fuir mais ma propre liste n’est pas terminée. Terrible choix cornélien devant les pinceaux qui doivent être plats et pas ronds. Et cette pelote de laine, vous avez bien une couleur en tête me dit la vendeuse qui me refourgue un bleu canard absolument hideux. Si tu savais comme je m’en fous, ça va finir en moustaches de chats de papier toilette ou en poils d’hérissons mutants. Le tout fait par les doigts malhabiles et grassouillets de mon fils. Si tant est qu’il lui reste des doigts à force de les fourrer dans des endroits interdits.
Non ne hurlez pas en regardant la photo. Nous avons fait installer un différentiel. Il n’a aucun chance de s’électrocuter.
Original post by sophie bellais
