Le jour de la liberté

Le mari de Calina a montré patte blanche. Il ne boit plus, travaille, fait des compliments à sa femme et s’occupe de leur fils. Après huit mois de séparation, elle l’a autorisé à revenir chez elle sous très haute surveillance. Il reste un petit tout petit hic : il ne veut pas qu’elle sorte seule avec ses copines le vendredi soir. Et ma Calina s’est habituée à cette nouvelle liberté.

Elle vient donc me parler en gloussant. Dites-lui vous qui sortez quand vous voulez que c’est normal. Marcelo est bien ennuyé, il travaille dans la maison, il ne peut pas m’envoyer ballader. Pourtant ce n’est pas l′envie qui lui en manque. Il bafouille et finit par me dire que c’est culturel, que je ne peux pas comprendre. Je t’en foutrais du culturel lui qui nous serine toute la journée avec ses idéaux d′égalité. Comment peut-il nous parler de liberté s′il n’y en a pas chez lui ? Vous voyez me dit Calina il ne veut pas. Et quand bien même ? Comment ça quand bien même ?  Qui vous a dit que vous deviez lui demander à votre mari l′autorisation ? Elle n’en revient pas, elle n’y avait pas pensé. Vous ne lui demandez pas ? Non. Elle trouve l′idée formidable. Je vais vous apprendre à vous libérer lui dis-je et nous voilà manifestant dans la maison avec le cri d′ordre de "liberté pour les femmes". Olivier est prudemment resté dans son bureau, Marcelo a fui dans le jardin. Eloïse s′est dit que nous étions un peu cinglées. Il n’y a eu que Maxou pour nous soutenir bruyamment…

Une certaine idée de la liberté (c) SB

Original post by sophie bellais

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