Le choix de Sophie
Me voilà prise au piège. Je pensais vous raconter en quelques lignes l’histoire de K. Et, déroulant le fil avec vous, je me rends compte que les choses sont infiniment plus complexes qu’elles n’y paraissent. Que faire ? Clore le chapitre en un poste rapide pour vous dire quand et comment j′ai revu K. Ou garder le fil et prendre le temps qu’il faut ? Ce qui ne m’empêcherait pas de suivre sur le Chili et les enfants puisque ce n’est qu’une façon plus appronfondie de vous raconter ma vie au final. Dans ce cas, il nous faudrait changer le titre pour ou la catégorie c’est vous qui décidez. Je plaisante, je décide c’est mon blog mais j′écouterai vos avis éclairés.
Voilà un petit bout de la suite en encas.
Quand j’écris que je me suis laissée renvoyer sans lutter, je mens un peu. J’étais dans une colère terrible. C′était mon premier échec scolaire. Et il était de taille. Heureusement, nous nous sommes retrouvés à plusieurs dans cette situation. En théorie, nous avions le droit de passer les épreuves du tronc commun des maîtrises comme si de rien n’était en juin. Mais en pratique, ils avaient déplacé de quelques jours les résultats et nous étions coincés, il était trop tard pour nous inscrire aux examens. Nousa vons fait le siège du secrétariat et nous avons tenté de sauver notre peau. Mais le système universitaire ne tolère pas les échecs. Nous avions quelques UV en septembre. rien de dramatique. Toujours en théorie. Parce qu’en pratique aucun DEA ne nous a acceptés cette année là. Nous nous sommes retrouvés obligés de redoubler une maîtrise que nous venions d′avoir avec mention pour certains. Mes camarades de promo sur le banc de touche comme moi, sonnés, sur les conseils de leurs parents ont pris une année sabbatique de stages. Je me suis inscrite dans trois filières décidée à ne pas perdre trop de temps. Mes parents ne décolèraient pas, j’ai eu mes premières crises d′angoisses et l’insomnie est devenue une camarade de jeux. J’avais échoué ma vie était foutue. C′est fou comme on manque de recul à 22 ans. Je n’ai jamais songé à retourner une arme contre moi par contre je suis allée acheter une bouteille de gin et j’ai pris la cuite de ma vie. Une de mes uniques amies inquète de ma réaction a passé la nuit avec moi au téléphone pour m′empêcher de sombrer dans un coma éthylique. J’ai encore honte quand elle évoque ce grand moment de gloire. Si vous êtes jeunes et que vous me lisez, je vous en supplie croyez-moi l’alcool c’est très très mauvais pour le moral…
Original post by sophie bellais