Grosse fatigue

J’ai sûrement du présumer de mes forces. 14 000 kilomètres, deux déménagements, le travail, la maison, les plantes, la recherche d’un bien à acheter, l’appartement boulonnais qui tarde à être vendu et tous les petits soucis administratifs qui paraissent sans fin à mes oreilles fatiguées. Je ne regrette pas d’être venue, je me sens mieux ici que je ne me suis jamais sentie dans ma vie. Mais je suis lasse, lessivée, sans ressort et je ne suis pas la seule ce qui ne change rien. Avec l’arrivée de l’hiver, je n’aspire qu’à une chose, disparaître sous la couette pour quelques heures. Aussi inaccessible que l’Anapurna. Et puis les mini fauves sont en pleine forme, eux. Nous ne pouvons pas baisser la garde. Il nous reste la cure d’iode.

Renaca plage (c) SB

Et puis, un vendredi après-midi alors que je commençais à rêver de mon lit, la rencontre avec deux Français expatriés sur ce bout de terre. Une heure plus tard, nous parlions de vins, de bouffe et du bonheur d’être ici. Nous avons fini par admettre que nous n’aspirions qu’à un peu de paix loin de tout. Et de l’avoir dit, je vais mieux.

Original post by sophie bellais

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