En chantier
Alors que je deviens incollable sur les serrures, leurs composantes et leur degré de violabilité, la maison se remplit d′ouvriers bien occupés à rendre le travail des cambrioleurs franchement compliqué. Je sais qu’aucun endroit n’est inaccessible mais sachant qu’il n’y a rien de valeur ici l’objectif est de décourager le voleur occasionnel et de compliquer la vie des autres pour une rentabilité peu visible. Je ne sombre pas dans la paranoïa mais demande à chaque fois aux installateurs comment contourner le système, ils commencent à connaître la combine et ça les fait sourire mais ils se prêtent au jeu.
La compagnie de sécurité soucieuse de son image alors que nous sommes en première page des journaux nous offre une installation complète bien plus performante. De l’autre côté, la propriétaire de la maison en partie responsable des événements puisqu’elle avait la charge de renforcer la fenêtre faible, avec le succès qu’on connaît, refuse de considérer que les frais sont à sa charge. Elle nous explique en toute bonne foi qu’elle n’a jamais eu de problème de sécurité et qu’elle ne comprend pas de quoi nous parlons. Elle nous réclame même une augmentation de loyer arguant qu’elle ne rentre pas dans ses frais Je l’aime bien, je suis bien ennuyée qu’elle se conduise ainsi. Je déteste parler d′argent avec des personnes qui font exprès de ne rien comprendre alors que visiblement, ils s′y connaissent sufisamment pour essayer de vous en soustraire. Je laisse Olivier régler les choses avec la sobriété qui le caractérise et je retourne parler au serrurrier ravi de me montrer les spécificités compliquées de mes nouvelles serrures. C’est incroyable comme les gens s′enthousiasment pour des choses techniques en métal mais je sens son enthousiasme me gagner.
Eloïse qui a été réveillée par l’alarme n’a pas eu peur. Elle tente d’inventer des pièges très compliqués avec des crocodiles et des pics en bois. L’architecte lui prête son mètre et ses tournevis et elle mesure au millimètre près le bassin du futur requin censé attaquer les voleurs. Heureusement pour eux, elle aime beaucoup trop les animaux et s’inquiète soudain du peu d’espace que le pauvre poisson aurait pour se dépenser. Nous avons donc du renoncer à la dissuasion animale mais pas encore aux pièges à loups. Maxou quant à lui, se soucie peu de sa sécurité, il se cache dans les placards et vole les outils aux ouvriers qui les cherchent ensuite partout. Il doit avoir un gêne d’écureuil, il nous a planqué ses chaussures, après une semaine de recherche, j’ai fini par aller lui en acheter une autre paire.
Original post by sophie bellais