Comme l’insomnie revient, et semble s’installer je tente de m’abrutir devant l’Arte locale et Boris Cyrulnik. Passionnante conférence sur la résilience. Le but est loin d’être atteint, je suis bien réveillée désormais. Je n’ai pas vraiment tout compris, je trouve que les psychiatres ont la manie de détourner des mots simples pour en faire des concepts compliqués. Je me méfie énormément de ces émissions de vulgarisation; je crains de me transformer en hypocondriaque des maladies mentales, chaque description clinique pouvant s’appliquer à mon chaos mental. A croire que je me connais très mal ou que c’est beaucoup plus grave qu’il n’y paraît.
Mais Cyrulnik, ce soir, ne parle pas de maladies, il parle d’attachement et d’amour. Il explique à quel point le premier amour et son inévitable échec nous apprennent à aimer mieux et vraiment. Comme une adéquation d’un mythe à la réalité. Tout sonne juste brusquement loin des mots cliniques. Quelle évolution entre l’image mouvementée et dramatique qu’on se fait de l’amour et la réalité de la vie conjugale. Rétrospectivement, je me sens bien crétine d’avoir eu besoin de tous ces échecs pour le comprendre.
Il en arrive à la définition du vrai amour qui dure, l’amour léger. Pas superficiel, léger. Celui qui admet les difficultés, celui qui n’a pas besoin d’être fusionnel. J’ai trouvé le terme magnifique. Léger loin des serments et cris. Loin de l’épuisante quête d’absolus de mon adolescence. Quand je pense que je tentais de lire Lacan dans mes vertes années, L’amour léger, c’est de ça dont j’avais tellement besoin. Si j’arrive à m’endormir ce sera moins bête…

Original post by sophie bellais