Voilà nous sommes passés au travers. Eloïse a gonflé au point de ressembler à une fraise géante. Pas d’oedème mais une vraie souffrance heureusement calmée par les anti-histaminiques en vente libre ici. Le téléphone nous a lâchés, impossible de joindre l’Europe. Ce qui me permet de constater que ce n′est pas franchement l’Europe non plus qui tente de nous joindre. De toutes façons, je serai en tort au fil des vieilles règles familiales plus compliquées que le protocole de la cour.

Le beau temps est revenu, la terre ne tremble plus. Pas de lien reconnu mais une constatation le ciel change avant chaque secousse majeure. La liste des projets s’est agrandie, celle de ceux à maintenir est à jour (ou presque). J’en frémis devant tant de précision.
Nous vivons ici comme si nous y étions nés. Etre européen quel luxe. Les gens nous sourient, heureux que nous aimions leur pays. Hier sur la route avec Maxou dans les bras, deux femmes du voisinage se sont chargées de m’emmener en voiture. Pas question de vous laisser marcher m’ont-elles dit dans un anglais impeccable. Nous sommes repartis 50 ans en arrière dans la France des années 60, celle qui souriait au futur. Peut-être est-ce Renaca, peut-être est-ce l’air de la mer.

Les touristes commencent à arriver. Ce soir concert classique sur la plage et, pour la fin de l’année, un feu d’artifice immense sur la baie. Le plus beau du Chili paraît-il. Je suis un chat à neuf vies, j’en entâme ma 5ème au moins. Qu’as-tu fait avant me demande Loreto ? Tant de choses, j’ai du mal à en tenir le compte. Mais qui s’en soucie ? Je ne suis que ce que je veux bien être.
Original post by sophie bellais