La grande ourse
Sunday, September 30th, 2007C’était cette nuit à Samalanque où petit Max confondait le jour et la nuit. Le voilà chantant à tue tête à trois heures du matin. Pour ne pas nous faire expulser de l’hôtel, j′ai fini par le prendre dans mes bras pour qu’il se calme. Tout contre moi à le bercer. Et le plus naturellement du monde, il est venu là où il est si bien calé dans le creux de mon ventre, pour y dormir jusqu’au matin. J’ai senti mon corps s’arrondir pour le retenir, le rassurer. J’ai peu dormi, appliquée à ne pas bouger mais peu importe je me sentais si bien. Enivrée par son odeur de bébé et le doux sifflement de sa respiration. J’ai compris cette nuit là à quel point la relation d’une mère avec son fils pouvait être fusionnelle. Et moi qui suit d’ordinaire si fuyante quant aux attaches, j′étais en harmonie, mon petit était revenu.
Et puis il y avait le sourire d’Olivier au matin qui nous trouvait si attachants. Et la joie de mon fils en ouvrant les yeux qui me caressait la joue. Je crois que j′ai un peu pris peur d’être si bien et j′étais soulagée de remettre le petit bout dans sa chambre loin de moi. Je vois trop autour de moi les hommes de la famille étouffer sous l′amour maternel et le rejetter brutalement. Je ne pourrais supporter cela. Maxence se pose évidemment moins de questions que moi. Je suis sa maman à sa disposition. Il ne doute jamais de ma disponibilité. Depuis que nous sommes arrivés ici, il a repris l′habitude de venir le soir se caler contre moi pour s’apaiser. Il me chante une chanson roucoulante et douce et mon coeur explose. Eloïse si farouchement indépendante n’a jamais recherché ces moments là. Elle est toute en paroles, son frère fond dans les caresses. Et quand Maxence est là bien appuyé levant la tête pour croiser mon regard, je me sens ourse et louve. Et je gronde en le dévorant de bisous.
Original post by sophie bellais

