Chantier
Tuesday, July 31st, 2007Il faudrait quand même que je m’active. Il nous reste peu de jours avant le grand chambardement. Nous ne comptons pas sur les bonnes volontés, elles ne se manifestent jamais au bon moment. Nous l’avons appris à nos dépens quand nous étions encore en France. Je note d’ailleurs que personne n’a même évoqué le sujet. Les papiers nécessaires arrivent au compte goutte. Il faut dire que l’administration chilienne ne plaisante pas avec sa manie de tout notariser. Même les bulletins de notes de Lolo. En plus, sachez qu′il existe deux façons officielles de notariser des documents et que nous avions commencé par la mauvaise façon. Si, si.
J’ai du mal à croire que je vois pour la dernière fois les paysages qui m′entourent. Eloïse est allée pour la dernière fois à l’école hier. Je lui ai demandé si elle lui avait dit au revoir. Elle m′a regardée un peu embarrassée d′avoir à m′expliquer cela : Maman on ne parle pas aux bâtiments !
Elle a bien raison, les pierres ne répondent pas, elles se moquent bien de votre présence. Nous avons renoncé pour des raisons pondérales évidentes à faire les bonnes tables de Lisbone avant de partir. Lina la nounou a compris que nous partions quand elle a vu les cartons, jusque là je pense qu’elle ne nous croyait qu’à moitié. C′est amusant d’ailleurs cette manie qu’on les gens de notre entourage de ne pas croire à nos migrations. J’ai mis les grands-mères au courant prudemment, elles sont un peu bousculées dans leur routine. Mais pourquoi si vite ? me demandent-elles. Parce que sinon nous ne le ferons jamais, nous continuerons d’en parler comme cette feu cette installation au Texas qui a tant tardé.
Maxou profite du beau temps en parfaite inconscience des angoisses de ses parents. Il a décidé de tester ma rapidité de réaction et se met en danger toutes les trente secondes, nous ne comptons plus les bosses et bleus de sa tête. Notons quand même qu’à force de tomber, il ne se penche plus au-dessus du vide mais envoie le doudou en reconnaissance et se laisse glisser les pieds en premier dessus. Bien sûr, en parfaite niaise, je m’esclaffe devant son ingénuosité comme au moins 10 000 générations de mères avant moi (avant il n’y avait pas de meubles hauts dans les cavernes !). Ravi d’attirer l′attention, il en profite pour s’applaudir et me sourire. Et repartir à l′assaut d’un carton imprudemment laissé ouvert et qu’il s’empressera de me vider. Je me demande si nous ne devrions pas acheter une cage le temps du déménagement.
Original post by sophie bellais




