Archive for May, 2007

Trois ruptures pour une refondation à gauche

Thursday, May 31st, 2007

Retrouvez ci-dessous la tribune de Dominique Strauss-Kahn parue dans le journal Le Nouvel Observateur (semaine du 31 mai 2007).

Trois ruptures pour une refondation à gauche

Par Dominique Strauss-Kahn

Pour une société juste

  « Nous venons de subir une troisième défaite consécutive à l’élection présidentielle. Manifeste au soir du 6 mai, elle était latente depuis le premier tour, le 22 avril : jamais le score de la gauche n’avait été aussi bas. La défaite vient de loin. Elle  sanctionne un refus, celui de nous réformer. C’est à cela que je veux aujourd’hui m’attacher.

&nbsp Rendre un avenir à la gauche : voilà l’enjeu. Il faut le faire en regardant le monde tel qu’il est, avec les Français tels qu’ils sont.

Le socialisme du réel doit être celui d’une gauche efficace au temps de la mondialisation. Trois principes l’animeront : une vraie compréhension des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée, une efficacité sociale et non pas des slogans inopérants, une stratégie émancipatrice redonnant de la force à l’idée de progrès.

  Osons le dire : notre lecture de la lutte des classes est totalement dépassée.

  Il est devenu commun d’annoncer la "fin d’Epinay", c’est-à-dire l’épuisement du grand cycle historique de la gauche française, né en 1971 de l’unification des socialistes par François Mitterrand autour d’un mot d’ordre, la rupture avec la société capitaliste, et d’une stratégie politique, l’Union de la gauche. Nous devons tourner cette page pour ouvrir un cycle nouveau.

  Nous devons le faire pour les raisons que chacun perçoit : parce qu’il est temps que les nouvelles générations de la gauche puissent écrire leur propre histoire ; parce que cette rhétorique révolutionnaire a depuis longtemps perdu tout rapport avec notre pratique du pouvoir ; parce que l’état actuel des forces à gauche pose la question de notre stratégie et de nos alliances.

  Mais nous devons le faire pour une raison plus profonde : le cycle d’Epinay est achevé parce que la vision de la société sur laquelle il reposait est devenue caduque.

  "La lutte des classes", la réduction "en dernière instance" de l’ensemble des inégalités au clivage capital / travail, l’illusion d’un prolétariat homogène et uni entraînant dans son sillage l’ensemble du salariat ne constituent certes plus les principaux leitmotivs du discours socialiste. Mais faute d’avoir réalisé lors des dix dernières années notre aggiornamento, notre analyse de la société continue de s’inspirer d’une vague lecture marxiste, héritée des années 1960, qui analyse les problèmes économiques et sociaux à partir du vieux triptyque couches populaires / couches moyennes / détenteurs du capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre entre ces classes sociales.

  C’est le décalage croissant entre les mutations, accélérées, de la société française et nos grilles de lecture, obsolètes, qui compose à mes yeux la toile de fond de nos revers électoraux. Pour le dire autrement, il me semble qu’en 2002 comme en 2007, nous avons d’abord buté sur notre inaptitude à analyser la nouvelle réalité sociologique française.

  Cette nouvelle réalité, c’est celle de la fragmentation sociale.

  Les inégalités traditionnelles n’ont pas disparu dans la société française des années 2000 : la mondialisation exacerbe la subordination du monde du travail aux détenteurs de capitaux. Les disparités de revenus et de patrimoine entre les cadres et l’ensemble des salariés d’exécution, qui agrége les ouvriers à la masse des employés du tertiaire aux salaires peu élevés, ne se réduisent guère.

&nbsp Mais ces inégalités traditionnelles n’expliquent plus la dynamique sociale. Un puissant processus d’individualisation a fait imploser les anciennes "classes". Il n’est pas indifférent d’avoir un emploi ou de disposer de revenus de transfert, de bénéficier d’un CDI ou d’évoluer dans l’univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la désindustrialisation, dans le secteur public ou dans le secteur privé. A cela s’ajoute tout ce qui ne relève pas du statut socio–professionnel mais joue un rôle décisif dans la distribution des richesses et des possibilités d’épanouissement personnel : les inégalités entre les sexes et entre les générations, ainsi que les discriminations raciales. Tout ceci se résume dans ce qui traduit une large part du malaise français : les inégalités territoriales.

  Il n’y a pas deux France, "la France d’en haut" et "la France d’en bas", la France qui va bien et la France qui souffre, mais une France éclatée en mille univers : celui des jeunes de banlieues et celui des retraités des zones rurales, celui des nouveaux prolétaires des industries de l’Est, celui des travailleurs précaires maintenus aux marges de la société, celui des salariés qui ne jugent pas toujours légitime l’effort fait en direction de moins bien lotis qu’eux.

  Le temps n’est plus où la gauche pouvait se contenter d’être le porte-parole du seul prolétariat dans un monde injuste. Aujourd’hui, elle doit redéfinir ce qui fonde une société juste.

  Nicolas Sarkozy a fait son miel des antagonismes que nourrit l’hétérogénéité sociale. En choisissant ses boucs émissaires, en épousant la méfiance spontanée qu’inspirent les "assistés" aux salariés "qui se lèvent tôt", en opposant la France des campagnes à celle des "racailles", il s’est donné les moyens de réunir une majorité. Il a joué sur les peurs et les rancoeurs, mais aussi sur l’espoir d’une énergie nouvelle. Je suis convaincu qu’il sera impossible pour la gauche de reconquérir le pouvoir et de l’exercer durablement si elle ne prend pas, elle aussi, la mesure de cette nouvelle société française. C’est cette mise à jour qu’il nous faut faire. C’est à ce socialisme du réel que je veux convier la gauche et les Français.

  Pour retrouver une crédibilité politique, nous devons éviter trois écueils : ignorer la fragmentation sociale en imaginant qu’on peut encore construire un "front de classes" à l’ancienne autour de quelques mots d’ordre anticapitalistes et altermondialistes ; capituler devant la "société des individus" en courant après tous les mouvements sociaux et en se laissant disloquer par toutes les revendications ; contourner le problème en faisant de la démocratie participative ou du nécessaire dialogue social une fin en soi.

  Pour moi, trois pistes mènent à notre rénovation idéologique.

  D’abord, la promesse d’un Etat social à nouveau efficace.

  Chacun constate combien il s’est dégradé depuis 2002. Je crains que les dégâts à venir ne soient comparables à ceux qu’infligea le thatchérisme au Royaume-Uni des années 1980. Mais je crois aussi que s’enfermer dans la seule défense des acquis condamne la gauche à n’être qu’un rempart vite contourné face au réformisme libéral. Pour rester fidèle à ses valeurs, la gauche doit reconnaître la nécessaire adaptation de notre modèle social aux défis de la mondialisation, du vieillissement démographique et de l’individualisation des situations. Rien n’est tabou : sur le financement des retraites, l’évolution du système de santé, la réforme du marché du travail, la reconfiguration territoriale des services publics, les électeurs potentiels de la gauche attendent de notre part un discours de vérité pour reconstituer notre crédibilité.

  La gauche doit aussi répondre à la demande de protection face à la mondialisation : je continue de penser que la construction de l’unité politique de l’Europe est la seule réponse stratégique sérieuse que les socialistes puissent opposer aux contradictions du discours de Nicolas Sarkozy, qui a promis tout à la fois le libre marché au CAC 40 et le protectionisme aux salariés.

&nbsp Enfin, cet Etat social renouvelé doit désormais promouvoir cette catégorie d’entrepreneurs qui inventent notre avenir. Nous devons les considérer comme d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des "ennemis de classe" à vouer aux gémonies.

  La deuxième piste est celle d’un nouveau compromis social.

  Nous devons assumer plus clairement nos priorités politiques et définir le type de société que nous voulons bâtir : quel partage de la valeur ajoutée, quel arbitrage entre la progression du pouvoir d’achat des différentes catégories de salariés et le soutien à la lutte contre l′exclusion et au noyau dur du chômage ? Est-il concevable que nous revenions devant les électeurs sans avoir déterminé la répartition de l’effort fiscal qui nous semble souhaitable ?

  La troisième piste enfin touche à l’utopie fédératrice de l’égalité réelle et d’une société juste.

&nbsp Adopter le socialisme du réel que je préconise, ce n’est pas se résigner au pragmatisme et à l’ordre établi : il s’agit de faire face à la réalité pour pouvoir la changer. Je crois d’ailleurs que la gauche ne peut se passer, dans notre pays, de cet horizon d’une transformation radicale de la société qui, depuis la Révolution, donne sens à ses combats.

  La "rupture avec le capitalisme" a cédé la place à un nouvel objectif tout aussi stimulant : la construction par l’égalité réelle d’une société juste.

  L’égalité réelle, c’est d’abord l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations sexistes, raciales, générationnelles, territoriales. Mais c’est aussi la lutte contre la reproduction sociale qui demeure, malgré la "massification" du système scolaire voulue par la gauche, une réalité structurante de la société française.

  Articulé autour de propositions audacieuses et d’engagements financiers précis en matière d’éducation, de santé et de logement, ce mot d’ordre peut, lui aussi, être fédérateur dans une France qui aspire profondément à relancer l’ascenseur social. Si la gauche ne se fixe pas cette nouvelle frontière comme horizon, on pourra légitimement se demander à quoi elle sert.

  Le socialisme est d’abord une protestation contre l’ordre existant. Mais il exprime aussi une volonté d’émancipation concrète. C’est ce que je développerai dans ces colonnes lors des quinze jours à venir. »


N.B. :
Le Nouvel Observateur a lancé sur son site Internet un débat autour de « La refondation de la gauche – Comment reconstruire une gauche qui gagne ? ». Pour y participer, cliquez ici.

Equipe dsk

Original post by Dominique Strauss-Kahn

Trois ruptures pour une refondation à gauche

Thursday, May 31st, 2007

Retrouvez ci-dessous la tribune de Dominique Strauss-Kahn parue dans le journal Le Nouvel Observateur (semaine du 31 mai 2007).

Trois ruptures pour une refondation à gauche

Par Dominique Strauss-Kahn

Pour une société juste

  « Nous venons de subir une troisième défaite consécutive à l’élection présidentielle. Manifeste au soir du 6 mai, elle était latente depuis le premier tour, le 22 avril : jamais le score de la gauche n’avait été aussi bas. La défaite vient de loin. Elle  sanctionne un refus, celui de nous réformer. C’est à cela que je veux aujourd’hui m’attacher.

&nbsp Rendre un avenir à la gauche : voilà l’enjeu. Il faut le faire en regardant le monde tel qu’il est, avec les Français tels qu’ils sont.

Le socialisme du réel doit être celui d’une gauche efficace au temps de la mondialisation. Trois principes l’animeront : une vraie compréhension des inégalités et non pas une grille de lecture dépassée, une efficacité sociale et non pas des slogans inopérants, une stratégie émancipatrice redonnant de la force à l’idée de progrès.

  Osons le dire : notre lecture de la lutte des classes est totalement dépassée.

  Il est devenu commun d’annoncer la &quotfin d’Epinay&quot, c’est-à-dire l’épuisement du grand cycle historique de la gauche française, né en 1971 de l’unification des socialistes par François Mitterrand autour d’un mot d’ordre, la rupture avec la société capitaliste, et d’une stratégie politique, l’Union de la gauche. Nous devons tourner cette page pour ouvrir un cycle nouveau.

  Nous devons le faire pour les raisons que chacun perçoit : parce qu’il est temps que les nouvelles générations de la gauche puissent écrire leur propre histoire ; parce que cette rhétorique révolutionnaire a depuis longtemps perdu tout rapport avec notre pratique du pouvoir ; parce que l’état actuel des forces à gauche pose la question de notre stratégie et de nos alliances.

  Mais nous devons le faire pour une raison plus profonde : le cycle d’Epinay est achevé parce que la vision de la société sur laquelle il reposait est devenue caduque.


  "La lutte des classes", la réduction "en dernière instance" de l’ensemble des inégalités au clivage capital / travail, l’illusion d’un prolétariat homogène et uni entraînant dans son sillage l’ensemble du salariat ne constituent certes plus les principaux leitmotivs du discours socialiste. Mais faute d’avoir réalisé lors des dix dernières années notre aggiornamento, notre analyse de la société continue de s’inspirer d’une vague lecture marxiste, héritée des années 1960, qui analyse les problèmes économiques et sociaux à partir du vieux triptyque couches populaires / couches moyennes / détenteurs du capital, sous l’angle exclusif de l’affrontement et de l’équilibre entre ces classes sociales.

  C’est le décalage croissant entre les mutations, accélérées, de la société française et nos grilles de lecture, obsolètes, qui compose à mes yeux la toile de fond de nos revers électoraux. Pour le dire autrement, il me semble qu’en 2002 comme en 2007, nous avons d’abord buté sur notre inaptitude à analyser la nouvelle réalité sociologique française.

  Cette nouvelle réalité, c’est celle de la fragmentation sociale.

  Les inégalités traditionnelles n’ont pas disparu dans la société française des années 2000 : la mondialisation exacerbe la subordination du monde du travail aux détenteurs de capitaux. Les disparités de revenus et de patrimoine entre les cadres et l’ensemble des salariés d’exécution, qui agrége les ouvriers à la masse des employés du tertiaire aux salaires peu élevés, ne se réduisent guère.

  Mais ces inégalités traditionnelles n’expliquent plus la dynamique sociale. Un puissant processus d’individualisation a fait imploser les anciennes "classes". Il n’est pas indifférent d’avoir un emploi ou de disposer de revenus de transfert, de bénéficier d’un CDI ou d’évoluer dans l’univers des CDD, de travailler dans une grande entreprise ou dans une PME, dans une zone tirée par la mondialisation ou frappée par la désindustrialisation, dans le secteur public ou dans le secteur privé. A cela s’ajoute tout ce qui ne relève pas du statut socio–professionnel mais joue un rôle décisif dans la distribution des richesses et des possibilités d’épanouissement personnel : les inégalités entre les sexes et entre les générations, ainsi que les discriminations raciales. Tout ceci se résume dans ce qui traduit une large part du malaise français : les inégalités territoriales.

&nbsp Il n’y a pas deux France, "la France d’en haut" et "la France d’en bas", la France qui va bien et la France qui souffre, mais une France éclatée en mille univers : celui des jeunes de banlieues et celui des retraités des zones rurales, celui des nouveaux prolétaires des industries de l’Est, celui des travailleurs précaires maintenus aux marges de la société, celui des salariés qui ne jugent pas toujours légitime l’effort fait en direction de moins bien lotis qu’eux.

  Le temps n’est plus où la gauche pouvait se contenter d’être le porte-parole du seul prolétariat dans un monde injuste. Aujourd’hui, elle doit redéfinir ce qui fonde une société juste.

  Nicolas Sarkozy a fait son miel des antagonismes que nourrit l’hétérogénéité sociale. En choisissant ses boucs émissaires, en épousant la méfiance spontanée qu’inspirent les "assistés" aux salariés "qui se lèvent tôt", en opposant la France des campagnes à celle des "racailles", il s’est donné les moyens de réunir une majorité. Il a joué sur les peurs et les rancoeurs, mais aussi sur l’espoir d’une énergie nouvelle. Je suis convaincu qu’il sera impossible pour la gauche de reconquérir le pouvoir et de l’exercer durablement si elle ne prend pas, elle aussi, la mesure de cette nouvelle société française. C’est cette mise à jour qu’il nous faut faire. C’est à ce socialisme du réel que je veux convier la gauche et les Français.

  Pour retrouver une crédibilité politique, nous devons éviter trois écueils : ignorer la fragmentation sociale en imaginant qu’on peut encore construire un "front de classes" à l’ancienne autour de quelques mots d’ordre anticapitalistes et altermondialistes ; capituler devant la "société des individus" en courant après tous les mouvements sociaux et en se laissant disloquer par toutes les revendications ; contourner le problème en faisant de la démocratie participative ou du nécessaire dialogue social une fin en soi.

  Pour moi, trois pistes mènent à notre rénovation idéologique.

  D’abord, la promesse d’un Etat social à nouveau efficace.

&nbsp Chacun constate combien il s’est dégradé depuis 2002. Je crains que les dégâts à venir ne soient comparables à ceux qu’infligea le thatchérisme au Royaume-Uni des années 1980. Mais je crois aussi que s’enfermer dans la seule défense des acquis condamne la gauche à n’être qu’un rempart vite contourné face au réformisme libéral. Pour rester fidèle à ses valeurs, la gauche doit reconnaître la nécessaire adaptation de notre modèle social aux défis de la mondialisation, du vieillissement démographique et de l’individualisation des situations. Rien n’est tabou : sur le financement des retraites, l’évolution du système de santé, la réforme du marché du travail, la reconfiguration territoriale des services publics, les électeurs potentiels de la gauche attendent de notre part un discours de vérité pour reconstituer notre crédibilité.

&nbsp La gauche doit aussi répondre à la demande de protection face à la mondialisation : je continue de penser que la construction de l’unité politique de l’Europe est la seule réponse stratégique sérieuse que les socialistes puissent opposer aux contradictions du discours de Nicolas Sarkozy, qui a promis tout à la fois le libre marché au CAC 40 et le protectionisme aux salariés.

  Enfin, cet Etat social renouvelé doit désormais promouvoir cette catégorie d’entrepreneurs qui inventent notre avenir. Nous devons les considérer comme d’authentiques acteurs du progrès social et non comme des "ennemis de classe" à vouer aux gémonies.

  La deuxième piste est celle d’un nouveau compromis social.

  Nous devons assumer plus clairement nos priorités politiques et définir le type de société que nous voulons bâtir : quel partage de la valeur ajoutée, quel arbitrage entre la progression du pouvoir d’achat des différentes catégories de salariés et le soutien à la lutte contre l′exclusion et au noyau dur du chômage ? Est-il concevable que nous revenions devant les électeurs sans avoir déterminé la répartition de l’effort fiscal qui nous semble souhaitable ?

  La troisième piste enfin touche à l’utopie fédératrice de l’égalité réelle et d’une société juste.

&nbsp Adopter le socialisme du réel que je préconise, ce n’est pas se résigner au pragmatisme et à l’ordre établi : il s’agit de faire face à la réalité pour pouvoir la changer. Je crois d’ailleurs que la gauche ne peut se passer, dans notre pays, de cet horizon d’une transformation radicale de la société qui, depuis la Révolution, donne sens à ses combats.

  La "rupture avec le capitalisme" a cédé la place à un nouvel objectif tout aussi stimulant : la construction par l’égalité réelle d’une société juste.

  L’égalité réelle, c’est d’abord l’égalité des droits, la lutte contre les discriminations sexistes, raciales, générationnelles, territoriales. Mais c’est aussi la lutte contre la reproduction sociale qui demeure, malgré la "massification" du système scolaire voulue par la gauche, une réalité structurante de la société française.

  Articulé autour de propositions audacieuses et d’engagements financiers précis en matière d’éducation, de santé et de logement, ce mot d’ordre peut, lui aussi, être fédérateur dans une France qui aspire profondément à relancer l’ascenseur social. Si la gauche ne se fixe pas cette nouvelle frontière comme horizon, on pourra légitimement se demander à quoi elle sert.

  Le socialisme est d’abord une protestation contre l’ordre existant. Mais il exprime aussi une volonté d’émancipation concrète. C’est ce que je développerai dans ces colonnes lors des quinze jours à venir. »


N.B. :
Le Nouvel Observateur a lancé sur son site Internet un débat autour de « La refondation de la gauche – Comment reconstruire une gauche qui gagne ? ». Pour y participer, cliquez ici.


Equipe dsk

Original post by Dominique Strauss-Kahn

Nouvelle semaine de campagne

Wednesday, May 30th, 2007

Bonjour à toutes et à tous,



Lors du grand meeting au Zénith de Paris, mardi 29 mai, Dominique Strauss-Kahn a appelé les électeurs de gauche à se mobiliser massivement pour voter et faire voter socialiste les 10 et 17 juin prochains.



« Parce que nous devons nous battre contre les projets de la droite, pied à pied, à l’Assemblée nationale ; parce que nous devons affirmer nos valeurs dans n’importe quel combat, quel que soit le rapport de force, parce que c‘est ce qui nous pousse à faire de la politique ; parce c’est la condition qui permettra plus facilement de ne pas nous replier sur nous-mêmes mais au contraire de pouvoir nous étendre vers les autres, il faut voter socialiste » a exhorté dsk appelant à un « vote d’affirmation positive et socialiste ».



Retrouvez ci-dessous la vidéo de cette intervention :





Zenith 29 mai 2007 - intervention de Dominique Strauss-Kahn

envoyé par ps-paris11



Cette semaine encore, Dominique Strauss-Kahn ira apporter son soutien aux nombreux candidats socialistes à travers la France.



Lundi dernier, il s’est rendu à Lyon pour une rencontre-débat aux côtés de Martine David, candidate dans la 13e circonscription du Rhône.



Dsk_avec_martine_david



Dans les jours qui viennent, dsk sera auprès de Sandrine Mazetier samedi 2 juin à Paris et de Pierre Moscovici jeudi 31 mai à Audincourt dans le Doubs.



Il tiendra ce soir à partir de 19h30 un meeting à la salle des fêtes de Sevran aux côtés de Christophe Borgel, candidat sur la 11ème circonscription de Seine Saint Denis (Tremblay – Sevran – Villepinte).



Equipe dsk

Original post by Dominique Strauss-Kahn

Gestion de crises

Wednesday, May 30th, 2007

Dans notre famille, l’autorité c′est un truc sacré. Mes parents n’avaient que le mot respect à la bouche. Ils nous nourrissaient, nous leur devions du respect pour ça et prendre leurs ordres comme des paroles d’évangile. Bien sûr ça ne marche jamais comme ça. Surtout pas avec une fille comme moi. J’ai tout questionné en apprenant à parler. Les enfants ne supportent ni l’injustice ni les erreurs grossières, je devrais m′en souvenir.

Et je m’entends impuissante réclamer de ma fille un peu de respect et qu′elle cesse de me répondre de cette façon. Rien n’y fait, Eloïse se sent sûre de son droit. Et nous reculons toutes les deux dans un conflit hurlant dont personne ne sort vainqueur. Alors je prend tout doucement la décision de ne plus intervenir. Ce qui ne veut pas dire que je renonce. Mais c’est moi l′adulte, m’entendre échevelée lui hurler dessus, me fait douter soudain. Je dois être capable d′argumenter calmement. Et à chaque crise, je me dis qu′il me faudrait être plus souple. La tige de verre ne pliera pas, elle se rompra et, année après année, nous nous rapprocherons de la rupture. Je l′écris peut-être pour être obligée de le tenir mais je suis fermement décidée à quitter la pièce quand nous entrons dans ce type de rapports. Je vais la laisser hurler à son gré mais seule. Le plus important quand on y songe c’est qu′elle ne perde pas la face. Les enfants ont un sens très aiguisé de l′honneur. Je vais essayer de m’employer à lui laisser une porte de sortie, celle de crier seule de tout son saoul pour que nous reprenions une discussion sensée après. Et je vais faire comme les Romains : je vais la bannir de notre espace vital quand elle est dans ces moments là. Après tout le fait d′être une famille ne nous oblige pas à subir sa pollution caractérielle.  Et je vais faire plus de photos d′elle dans les bons moments pour lui montrer à quel point elle est magnifique quand elle sourit.

Eloïse (c) SB

Mon petit GI, lui, est spécialisé dans les gestions de crises. Essouflé sur les avants-bras, il traverse la maison aux premiers pleurs de sa soeur. Il lui touche le front, se glisse dans ses bras, gazouille, la fait rire. Cet enfant est un diplomate-né. Et je suis toujours aussi stupéfaite de le voir se tourner vers moi, en me montrant sa soeur d′un air très sérieux. Je ne comprends pas ce qu’il me dit bien sûr, mais je sens qu’il n’est pas content. C’est curieux de les regarder faire corps contre moi avec tout cet amour dans leurs gestes. Mon petit casque blanc est la bénédiction de cette maison.

casque blanc (c) SB

Original post by sophie bellais

Petite pause, restez abonné :)

Tuesday, May 29th, 2007

Je reviens vite, mais je ne sais pas quand. Le mieux est de vous abonner au flux RSS pour être au courant de la prochaine note….

Original post by Yannick Lejeune

Petite pause, restez abonné :)

Tuesday, May 29th, 2007

Je reviens vite, mais je ne sais pas quand. Le mieux est de vous abonner au flux RSS pour être au courant de la prochaine note….

Original post by Yannick Lejeune

Day Night Day Night : no simple why

Tuesday, May 29th, 2007

Day Night Day Night
Julia Loktev
Tout est parti d’une lecture qu’a faite la réalisatrice Julia Loktev de l’histoire d’une jeune fille tchétchène qui voulait commettre un attentat-suicide.
Synosis :
Une jeune fille de 19 ans se prépare à commettre un attentat suicide à Times Square. Elle n’a aucun accent, si bien qu’il est impossible de savoir […]

Original post by Netlex

Orages d’été

Tuesday, May 29th, 2007

Oh que c’est dur avec Lolo en ce moment. Passe encore l’insolence constante, la foultitude de petites sottises qui, accumulées les unes aux autres, font de ses journées de véritables catastrophes. Il y a en plus son incapacité à laisser couler. Elle est exactement comme moi, rebelle à toute autorité, quand je la vois dressée comme un cobra les poings serrés, j′ai envie de lui dire à quel point sa vie risque d’être difficile. Elle n′entend rien, n′apprend rien, ne retirent rien de nos discussions, punitions, colères, elle s’enferme dans sa vérité, sa logique et argumente point par point même l’indiscutable. Il nous faut donc sévir et subir ses chantages, sa rage, ses hurlements. Le plus souvent elle se bloque toute seule dans un coin dont elle ne peut sortir sans perdre la face. Elle en devient blême de rage.

Princesse ombrageuse (c) SB

Et puis heureusement, il y a sa joie de vivre qui, au moment le plus tendu, ressort. Comme un orage d’été, il lave les ressentiments. Elle redevient guillerrette, vive comme un pinson. Pourquoi les petits chats naissent aveugles, c’est quoi la lave, combien font 112×112 ? (celle-là je vous la laisse). Moments d’équilibre fragiles où l′on peut discuter, un peu. Toujours pour entendre la même chanson. Je voudrais bien ne plus faire comme ça mais c’est ma tête qui décide. Et si tu disais à ta tête d’être un peu plus souple ? Je lui dis mais elle n’entend rien !

Original post by sophie bellais

Palmarès du festival de Cannes 2007

Sunday, May 27th, 2007

Le palmarès du 60ème festival de Cannes en direct.

__________________
La Palme d’Or 2007 a été décernée au film roumain 4 Mois, 3 Semaines Et 2 Jours de Cristian Mungiu (Roumanie) 1
Prix remis par Jane Fonda

Acteurs principaux : Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov
L’histoire: 1987, Roumanie, quelques années avant la chute du communisme. Ottila et Gabita […]

Original post by Netlex

Palmarès du festival de Cannes 2007

Sunday, May 27th, 2007

Le palmarès du 60ème festival de Cannes en direct.

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La Palme d’Or 2007 a été décernée au film roumain 4 Mois, 3 Semaines Et 2 Jours de Cristian Mungiu (Roumanie) 1
Prix remis par Jane Fonda

Acteurs principaux : Anamaria Marinca, Laura Vasiliu, Vlad Ivanov
L’histoire: 1987, Roumanie, quelques années avant la chute du communisme. Ottila et Gabita […]

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