Dans la cage du fauve
Depuis qu′elle m’a vue faire des photos de star, Lolo est très enthousiaste pour me servir de modèle. Je voudrais bien mais tout ce rose fait exploser mon objectif et je voudrais des sourires et un peu moins de cette moue lasse dont elle nous accable depuis le début des vacances scolaires. Nous venons de vivre des moments difficiles avec elle. Surtout le soir du réveillon durant lequel elle a offert à nos hôtes le spectacle un peu ridicule d’une gamine à tresses qui claque les portes et refuse de parler simplement quand on lui demande de changer de siège. Et dire que c’était la première fois de l′année que nous ne respections pas la règle de surve élémentaire des parents de ne pas emmener les enfants en soirée ! Nous venons de passer la semaine à lui faire comprendre qu′elle est à même de choisir l′ambiance de famille et le degré d’intérêt que nous pouvons lui manifester. Ce fut difficile et larmoyant mais un tant soit peu payant puisqu′aujourd’hui elle est tout sourire.
Heureusement même dans ses périodes Mister hyde, elle continue de vouer la même dévotion au petit bonhomme auquel elle réserve ses caresses. Ils passent une partie de leurs après-midi ensemble dans la salle de jeux, Maxou confortablement installé dans les bras de sa soeur. Il ne parle toujours pas mais elle traduit ses demandes et se trompe rarement. Ils ont découvert la joie de gribouiller ensemble sur le ventre et souvent sur la même feuille. Le mystère reste entier sur l’incapacité de Lolo de montrer à mon encontre un quart du tiers de la douceur dont elle fait preuve dans ses moments-là.
Nous n’avons pas encore emmené Maxou voir un cardiologue. Ni faire ses vaccins. Rien de compliqué ni de coûteux simplement ces fêtes ont pertubé le début de routine que nous cherchions à installer. Et puis aller en ville ressemble à une expédition avec tous ses touristes serviettes sur l′épaule. On m’avait prévenue mais j’avais du mal à croire qu’autant de gens pouvaient s′entasser sur aussi peu d’espace.
Pour la première fois de ma vie, je suis allée chez le coiffeur, j’ai découvert que j’aimais ça. Les autres clientes se sont exclaffées sur la blancheur de ma peau. C’est très tendance ici. Pour une fois que ne se moque pas de moi. Il faut dire que le trou de la couche d’ozone a le mauvais goût d’être au-dessus du Chili, si j’ai bien compris, et que le soleil est bien plus mauvais qu’ailleurs. En tous cas pour moi. Les vendeuses du centre commercial m’ont repérée, elles glissent dans mon sac des échantillons de crème solaire protection maximale à la place des huiles des autres. Je suis la française du coin connue comme le loup blanc et les gens s′arrêtent pour m’embrasser de la bise unique chilienne. J’embrasse, j’embrasse, je ne sais pas toujours qui. Du médecin au comptable, eux ils ont l’air de savoir. C’est un plaisir me disent-ils, oui un plaisir de vivre ici.
Original post by sophie bellais

