Archive for the ‘Famille et vie priv’ Category

Le canapé voyageur

Monday, December 10th, 2007

J’avais un ami dont les parents globe trotter transportaient leurs meubles d’un continent à l’autre. Et ils avaient un rituel de photos sur le canapé du salon avec les trois enfants. C’était très drôle de regarder ces clichés avec des légendes exotiques et toujours le même canapé en premier plan. Ils l’ont ramené en France et en l’apercevant sur une énième photo, je me demandais pourquoi ils ne l’avaient pas basardé. C’était lui notre maison m′a répondu mon ami.

En regardant ma nouvelle maison, je me dis que nous commençons à ressembler à cette famille. Les vieux meubles ont trouvé leur place. Naturellement comme s′ils n’avaient pas fait 12 000 kilomètres. La seule qui tique c’est Eloïse. “C’est bizarre Maman les meubles me rappellent l’ancienne maison. Et maintenant je sais que tu m′as menti. Tu m′avais promis une chambre plus grande celle-ci est plus petite.” C’est vrai à un mètre carré près. Comment le sait-elle ? “Facile, ce sont les mêmes meubles et j’ai moins de place″.

Balcon (c) SB

Nos invités sont plus indulgents, ils trouvent nos meubles originaux. C’est bien la première fois. Je me souviens de cette relation à Bordeaux qui s’est exclamé “oh mais vous avez le salon kkrryvoon (avez-vous remarqué comme les meubles Ikéa sont absolument imprononçables?), nous avions hésité nous avons finalement choisi celui de la page suivante dans le catalogue.” oh comme j’étais heureuse ! Imaginez-vous qu’ici personne ne me dirait ça. Quand on me demande où je les achetés et que je dis Ikéa ils ouvrent des yeux ronds. Je dois mal prononcer, je n’imagine pas un endroit dans le monde qui ne connaisse pas le Suédois. Alors je bois du petit lait, personne ne connait la page du catalogue.

Sapin (c) SB

Et je crois bien que nous sommes les seuls à craindre que notre arbre de Noël ne soit dévoré par des rennes miniatures à deux pattes…

Original post by sophie bellais

Sous le soleil

Thursday, December 6th, 2007

Déjà c’est la période de l’année où j’ai envie de faire de la purée de lutins. Je me hérisse à chaque chanson mièvre et les pères Noêl ont tous à mes yeux des look de pervers pépère. Mais alors cette année Noël en tong, c’est encore plus absurde que d′habitude. Les lutins des magasins transpirent sous leur bonnets fourrés. Mes décorations sont absolument ridicules et pendouillent doucettement sous le vent chaud. La maison s’est transformée en un bricc-à-brac culcul la pral qui a l’air de ravir Calina et les enfants c’est déjà ça. Pas de vin chaud, ni de dinde farcie. Je n’ai absolument aucune idée de ce qui se mange ici pour Noël, on va le faire simple fruit et légumes à l’eau, histoire de ne pas accumuler encore des kilos à perdre éventuellement un jour entre Pâques et la Trinité.

Maxou, contrairement à sa râleuse de mère est ravi. Il tente de déloger toutes les décorations et se hisse sur la pointe des pieds pour essayer de piller le “ocola″ du calendrier de l’avent. Quand je vous dis qu’il fait une fixette. Il nous ramène religieusement tous les fils d’ange qui traînent dans le coin. Il est tombé avec sa soeur dans le pot de Nutella et devrait aller directement au bain sans passer par la case câlins. Il répète gentiment non derrière nous et continue de faire ce que bon lui semble.

Ce Noël de pacotille est le premier que nous passerons seuls avec les enfants. Ca tombe bien, c’est tellement improbable comme événement que cette nouveauté ne devrait pas trop nous peser. Et puis aller à la plage après le repas de Noël me paraît tout aussi intéressant que de siroter du vin chaud en regardant la neige tomber. Comme le dit Eloïse à sa tante “pas la peine d’amener des vêtements dans ta valise, ici il fait toujours beau”.

Loup garou (c) SB


Visiblement je ne suis pas la seule à être fortement agacée par la magie de Noël…

Original post by sophie bellais

Cartons et petites voitures

Tuesday, November 27th, 2007

Il y a toujours des cartons partout mais je fais semblant de ne pas les voir. Je m’étais donné l’objectif d′en vider un par jour, j’en ai déjà trois de retard. Et ça na va pas s’améliorer me susurre une petite voix. Nous avons le câble, ADSl et plein de jolis téléphones partout. Curieusement aucun d′eux ne fonctionne, une sombre histoire d′enregistrement. Je voudrais bien régler cette histoire mais le Monsieur parle trop vite. 18 essais plus tard, j’attends qu’une amie passe nous voir.

Mon bureau (c) SB

Les bureaux sont bien installés, nous sommes des travailleurs voyageurs nous Madame.
Pas question de laisser une demi-journée de travail en plan quelque part dans les remous de nos circonvolutions. Nous n’avons jamais eu autant d’espace, j′ai la tête qui tourne parfois. Nous ne sommes pas tombés cette fois dans le panneau d’inviter tous nos amis à venir nous voir. Nous savons qu’ils seront très peu à faire le chemin faute de temps, d’argent, d’envie (vous pouvez cocher les trois cases). Nous ne posons pas la question pour ne pas entendre des excuses embrouillées. Je me lasse de faire semblant d’y croire.

Eloïse parle Espagnol, c′est peut-être un détail pour vous, mais pour elle ça veut dire beaucoup. Elle revit depuis qu’elle communique. La maîtresse n’en revient pas. Vous vous rendez compte en deux mois sans accent ! Ils ont formé le camp des Européens dans sa classe: un Espagnol, une Hollandaise, une Française. Ils ont l’air de tenir à leurs lieux de naissance. Nous achetons des tonnes de fruit pour une poignée d’euros, elle les dévore. Pour les légumes c′est plus difficile. Pourtant je n’en ai jamais mangés d’aussi bons. Comment vous décrire les avocats fondants, les betteraves sucrées, et toutes ces varitétés de salades ? J’aurais mis trente-six ans à découvrir l’herbivore qui sommeillait en moi. Notez que la carnivore avec la viande argentine qui règne ici est bien servie aussi. Ce qui met à mal toute tentative même timide de régime.

Maxence qui s’en tient à ses syllabes fétiches OCOLA se gave de pommes et de poires.  Il ne se soucie pas de former d’autres mots puisque celui-ci couvre l’intégral de son spectre de désirs. Son autre passion est la voiture sous toutes ses formes qu’il roule en faisant vroum.  Nous jouons bien tous les deux à faire la course et je trouve cela bien plus facile que d’habiller les barbies anorexiques. Eloïse nous rejoint, la course se finit en embouteillages, elle édicte des règles complexes, il envoie tout ballader d’un geste souriant. Elle le traite de petit cochon, je parle de le manger à Noël, elle en rit d’indignation. Comment dire ? Tout va bien.

Original post by sophie bellais

Le temps d’un soupir

Sunday, November 25th, 2007

Quand on commence à se chamailler sévèrement à propos de l’emplacement d’une étagère, il faut savoir s′arrêter. Cette installation nous tape sur les nerfs. Nous voulons trop que les choses soient parfaites et nous en oublions parfois l’objectif premier de tout ce travail: nous installer un endroit chaleureux. Déballage de cartons au ralenti ce Week-end pour reprendre goût aux aménagements.  Nous avons enfin un lit monté ainsi que des armoires fonctionnelles grâce au travail des charpentiers.  J’en aurais pleuré de soulagement en pensant aux heures perdues à lire les notices et à tenter de monter ça droit la première fois. Les meubles Ikéa que je croyais condamnés auront donc une deuxième vie ici renforcés par des pièces locales. Nous allons certainement faire faire nos autres meubles par un menuisier comme c’est l’habitude ici. Nous sommes devenus des clients fidèles et fortement captifs des magasins de bricolages du coin et, un millier de dollars plus tard, nous nous demandons si nous ne devrions pas acheter des actions. Ce sont les ampoules qui me font le plus peur, il y en partout et toutes, ou presque, sont à changer. Nous commençons une collection de plantes d’intérieur et de cactus mis hors de portée des mains des enfants. Olivier et Calina se grattent après les avoir frôlés de trop près. L’un deux contient paraît-il une drogue puissante. Je n’ai pas franchement envie de m′en couper une tranche.

Déménagement

Maxence a senti que le changement était important, il a voulu être de la partie. Lui si souriant d’ordinaire pleure pour un rien et refuse de dormir. La canaille a trouvé comment ouvrir la porte de sa chambre, il s’évade dès que nous en sortons. Ce qui fait ressembler le simple coucher du bébé au mythe de Sisyphe. La lumière de la maison l’enchante, et il danse dans le rayon de poussière quand Calina passe le balai. Que comprend-il ? me demande-t-elle en le regardant danser. il joue son rôle de bébé et maintient la magie dans la maison. Je devrais l’emmener chez le coiffeur pour couper ses bouclettes de soie. Je ne peux m’y résoudre. L’école m’a encore parlé de le prendre en mars, il aura deux ans. Là encore, je ne peux m’y résoudre. Je le regarde courir pieds nus, les mains en arrière, s’arrêter pour ramasser une miette, me sourire. Je sais que ces instants passent vite, comme un soupir. Il deviendra comme Lolo indépendant, révolté et peut-être insolent. Mais pour l’instant c′est mon bébé.

Original post by sophie bellais

On ne panique pas on percute

Friday, November 16th, 2007

Autre spécialité du coin. L’alarme et les assurances. C’est au locataire d’assurer la maison quant à sa probable destruction. Mais il semblerait que ce ne soit pas obligatoire puisque les propriétaires nous l’ont demandé comme une condition à la location. Du coup, nous avons fait venir un courtier qui nous demandé de faire installer une alarme pour pouvoir nous assurer contre le vol. Ici c’est très courant, presque toutes les maisons de la rue ont une plaque sur leur porte indiquant la compagnie de sécurité et les voitures font des patrouilles régulières. Ils sont venus nous mettre des détecteurs de mouvement et des magnets sur les fenêtres. Rien qui ne décourage un cambrioleur professionnel mais cela devrait fortement repousser l’occasionnel impulsif.

L’installateur était charmant mais il ne voulait rien faire sans notre accord. Nous voici hagards dans une maison en travaux (c′est presque fini) avec un type qui nous demande de choisir la couleur des câbles et la hauteur de placement des boutons de panique. De bonne volonté nous le laissons nous orienter. Et l’alarme vous la voulez où ? J’ai fini par lui avouer notre incompétence totale et je lui ai donné le feu vert pour utiliser son intelligence. J’ai bien fait, le travail est terminé à temps et tout sonne quand on remue une oreille.

Evidemment, il devra revenir pour installer les détecteurs de fumée puisque tout ne pouvait pas être fait en même temps. Ba non, je dois signer le devis, l’accepter par téléphone et enfin prendre rendez-vous. Mais bon on ne va pas râler. Je peux de ma maison appeler la police, une ambulance ou les pompiers. Et je suis surveillée 24/24, en fait pas moi mais la maison. Le plus gros problème est de sortir de la maison en 20 secondes une fois l’alarme enclenchée. Celui qui a inventé ça n′a pas d’enfants en bas âge qui oublient leurs chaussures, manteaux, doudous, qui veulent faire pipi au moment de partir et autres joyeusetés.  On va être obligés de mettre au point une procédure d’exfiltration avec une liste d’au moins 20 points à vérifier. Je sens que ça va faire le bonheur de mon mari. Comme à l’armée et je paye pour ça….

Les zamours (c) SB

Et je vous mets une photo des enfants qui, clairement, trouvent que la vie est dure…

Minimax

Tuesday, November 13th, 2007

Maxence est de plus en plus séducteur. Il sourit à tout et à tous, rigole quand il tombe sur les fesses, parle aux chiens, se précipite sur sa soeur pour l′embrasser. Il aime quand nous faisons le bruit de l′hélicoptère, rit avant que les bisous ne lui atterrissent sur le ventre et se lave les dents tout seul. Il possède un cinquième mot très très utile. Ocola. Et quand c’est dit et répété face à l′étagère des gateaux le doigt tendu c’est très convaincant. Avec les petites voitures de sa soeur (qui ne les a jamais touchées), il passe de longs moments à discuter et à les faire rouler sur les murs. Il a découvert récemment qu′elles existaient en grand, et, dans la rue, il les observe fasciné. Ca c’est le bébé côté touristes, le trop mignon.

Petit chef (c) SB

Parce que la face obscure a grandi elle aussi. Avec un bébé qui se roule par terre de rage. Il ne comprend pas me dit Olivier, on ne peut pas le gronder. Non non et non répond énergiquement Maxence qui remue la tête à s’en faire tomber. Bien sûr qu’il comprend, il est simplement très résistant à la contrainte. On dirait que c’est de famille. Il a décidé aussi que la nounou devait s’occuper essentiellement de lui et le porter à longueur de journée. Bien sûr, elle n’est pas aussi enthousiaste et tente de le poser de temps à autre. Il a alors inventé une posture jambes en l’air qui ne permet pas qu’on le pose. J’ai un bébé aux jambes rétractables. Je me demande si je ne devrais pas le faire breveter. De toutes façons quand il accepte de marcher, ce n’est pas non plus de tout repos. Maxence est une version miniature d′Attila. Il dévaste l’appartement, éteint les interrupteurs, fait tomber mon écran, renverse les bouteilles et vide les placards de la cuisine. Du bonheur sur pattes.

Inutile de préciser que nous avons mis notre nouveau locataire bien à l′abri de sa curiosité dévastatrice. Ce qui ne l′a pas empêché de secouer la cage à bout de bras lors d’un moment d’inattention de sa soeur. je me demande quelle est l′espérance de vie de la pauvre bête dans cette famille de givrés.

Bestiole (c) SB

Original post by sophie bellais