L′expatriation doit être à la mode en ce moment, on n’arrête pas de nous poser des questions. Surtout celle qui paraît tourner dans la tête des gens à chaque fois. Et la famille ? Quoi la famille ? C’est pas trop dur de vivre sans elle. Les femmes surtout roulent des yeux effarés. J’ai trop besoin de ma mère avec les enfants. A croire que les orphelines n’élèvent pas d’enfants. Ca me fout les jetons cette question. Aurait-on oublié de me pourvoir en gènes familiaux ? Que me manque-t-il pour pouvoir moi aussi rouler des yeux à l’évocation de l’absence de tout ce clan familial ? A bien y songer, je crois que c’est l’internat qui fait la différence.
A 15 ans que je le veuille ou non, il a fallu couper le lien. Sans douleur ni pathos. Il le fallait, c’était pour mon bien. Et plus jamais je ne me suis sentie chez moi chez mes parents. Au mieux, j’étais chez eux. Je me souviens de la crise de panique quand, après le bac, il m′a fallu revenir chez eux avec toutes mes affaires. Ils avaient tout retiré de ma chambre qui était devenue celle de ma soeur. Plus de meubles, plus de place et cette sensation continuelle de suivre des horaires d’hospice. J’ai cru folir durant ces quelques semaines de transit. Et la distance n’y change rien, nous sommes de la même famille pas du même foyer. En relisant l‘Hôtel New Hampshire, je me demandais hier si avoir une famille plus originale, plus soudée, plus fantasque aurait changé la donne.

Justement Eloïse est venue hire me voir pendant ma lecture avec une douleur au pied. Cette enfant s′écoute beaucoup et a une multitude de petites douleurs aussi inattendues que soudaines quand il est temps de ranger sa chambre ou de faire ses devoirs. Je crois qu’elle est atteinte de l’opportunite. je lui proposais donc le plus calmement possible de lui couper le pied pour mettre un terme à son agonie. Maman tu n’es pa sdrôle du tout, tu réponds toujours n’importe quoi. Oui elle sait désormais que je ne peux pas lui couper le pied comme ça sans anesthésie, elle a demandé à son institutrice au Portugal. Mais tu ne crois pas que c’est ça qui te manquera quand tu vivras loin avec ton mari ? (propagandez propagandez il en restera toujours quelque chose) Tu lui diras, elle me manque ma maman et sa fantaisie. Non me répond ma fille à moitié sérieuse, je lui dirai elle me manque ma maman folle…