Français d’ailleurs
Wednesday, August 13th, 2008Petite interruption des programmes pour vous dire que ce blog passe jeudi à 21 heures heures françaises sur RTL…
Original post by sophie bellais
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Inévitablement arrive le moment que je déteste le plus : il me faut trouver un gynécologue correct et faire les examens de contrôle que j’aurais du faire l’an dernier mais avec le déménagement vous comprenez…
Plusieurs amies m’ont recommandé le même. C’est bon signe. Bien sûr, il me trouve hyper légère et me voici avec une liste de tests longue comme un jour sans pain. Aujourd’hui, échographie. Il arrive tout guilleret. Il me claque la bise. Comment tu vas ma belle ? On va regarder de près ton utérus.
Ce n’était pas une parole en l’air. Le tout en grand format face à moi. Il est beau ton utérus. Curieux comme compliment, on ne me l’avait jamais fait celui la mais il faut bien admettre que ça vous pose une relation. Moi je trouve l’image pertubante. je l’ai toujours vu avec quelque chose dedans. Et là c’est le vide absolu, le désert des tatares. Limite ça me fout le bourdon. En même temps, c’est l’objectif on est là pour traquer le moindre élément surnuméraire. Soudain un petit cri de surprise, tu as vu tes ovaires ? Autant vous dire que je n’en mène pas large. Non ils vont bien ? Oui mais ils sont énormes, c’est la première fois que j’en vois d’aussi larges. Il n’en revient pas il les mesure dans tous les sens. Et je me demande si cet examen plus qu’intime va bientôt finir, j’ai limite la nausée moi de voir tous ces mouvements à l’écran. Et puis ces ovaires géants ça me fout les jetons.
Il éteint tout et s’asseoit à côté de moi. Ma fille j’ai une bonne nouvelle tu es en super forme. Robuste avec la peau souple. J’en connais des plus jeunes que moi en bien moins bonne santé. Ca messieurs n’esssayez même pas ce n’est pas vraiment un compliment. La mère Bovary peut aller se rhabiller. La sophistiscation, la langueur c’est d’un dépassé absolu. Je suis robuste. Mes copines avaient raison mon gynéco est formidable….
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A notre demande, Jolie-Maman a ammené de France des livres pour faire travailler Eloïse sur la lecture du Français. Il faut avouer qu’ici, nous fonctionnons essentiellement avec des Martines délicieusement culculs et au vocabulaire désuet. Les fermes sont bien proprettes, les enfants bien sages et très débrouillards. C’est peut-être la France de notre enfance mais certainement pas celle de Lolo. Il était grand temps de nous moderniser pour encourager Eloïse à s’intéresser à cette langue qui n’est pas sa langue maternelle. Vous pouvez le demander à Eloïse, elle vous le confirmera sa langue à elle c’est l’Espagnol. Elle parle le Français avec ses parents qui ont l’air d’avoir du mal sinon. Maxou, lui, depuis longtemps ne communique avec sa soeur qu’en Espagnol et daigne comprendre sa vieille mère en Français tout en lui répondant en roulant les rrr comme un hidalgo. Nous voilà bien partis.
Il faut reconnaître que c’est difficile à prononcer le Français. Selon Eloïse parce que pour nous franchement… De plus, contrairement à l’Espagnol, tout ce qui se lit en Français ne se prononce pas. Ils sont bien compliqués ces Français remarque ma fille vite découragée.
Avec sa grand-mère, en quelques jours, sa lecture s’est bien améliorée. Eloïse a gardé un petit accent chantant indéfinissable qui n’en fait pas à l’oreille une Française de France. En l’écoutant, je me dis qu’il y a énormément de choses qui font partie de ma culture ou des mes souvenirs qui ne seront pas transmises. Même son journal intime est en Espagnol mais c’est peut-être pour que je ne comprenne rien…
Original post by sophie bellais
Je vis dans un pays du second monde n’est-ce pas ? Ce doit être pour ça ! Payer les charges de Calina, l’eau, le gaz et les mutuelles nous prend 5 minutes mensuelles dans un guichet unique à l’entrée du supermarché. Les impôts se déclarent ainsi que les créations de société par Internet depuis n’importe quel poste. Il nous aura glorieusement fallu trois semaines pour obtenir notre carte d’identité chilienne et le numéro fiscal magique pour tout faire ici même accumuler des points dans les supermarchés. Une semaine pour souscrire à une mutuelle contre huit mois au Portugal qui dit mieux ?
Evidemment j’avais oublié la modernité invraisemblable de mon pays d’origine. Et je me décide à payer mes impôts avant le 15 juillet date limite pour l’autre hémisphère. Cette bonne blague. J’avais un certificat valable pour trois ans. C’était compter sans les cambriolages kapout mon certificat. Il me faudra deux semaines d’emails pour récupérer les informations nécessaires pour annuler mon certificat et en demander un autre. Me voilà le 15 juillet devant mon ordinateur, j’ai trois heures devant moi et tous les papiers. C’était compter sans l’intelligence incroyablement développée du logiciel. Quelque chose ne lui convient pas dans ma déclaration. Imaginez que j’ose déclarer ne pas avoir de télé. Genre. On me renvoie en boucles sur la même page. Etes-vous certaine de faire une déclaration juste ? N”oubliez pas l’amende en cas de fausse déclaration et laissez-nous ajouter la redevance à votre taxe d’habitation. Intéressant, je ne paye pas de taxe d’habitation. Ce serait un comble quand même. 40 fois, j’ai consciencieusement coché la même case. J’ai fini par fermer la fenêtre et recommencer tout depuis le début. Un autre problème apparaît : ils ne retrouvent pas mon mari dans leur base donc je ne peux pas dire que je suis mariée mais du coup je ne suis pas vraiment mère célibataire non plus. Quelle importance puisque ceci ne m’apporte aucune déduction supplémentaire ? Aucune, juste le logiciel qui me ramène sur la même page. J’ai l’impression de devenir folle, je coche de plus en plus compulsivement. Nous revenons donc sur la page de la télé. Je n’en ai toujours pas. A ce point, je suis prête à déclarer un écran géant dans mes dix propriétés niçoises. Tout plutôt que cette foutue page encore. 10 clics plus tard, nous changeons enfin de sujet. j’ai du tomber sur le seul disque dur rayé du service. il m’aura fallu 90 minutes pour déclarer un seul revenu foncier. Pourvu que ce soit la dernière fois….
Original post by sophie bellais
Le mari de Calina a montré patte blanche. Il ne boit plus, travaille, fait des compliments à sa femme et s’occupe de leur fils. Après huit mois de séparation, elle l’a autorisé à revenir chez elle sous très haute surveillance. Il reste un petit tout petit hic : il ne veut pas qu’elle sorte seule avec ses copines le vendredi soir. Et ma Calina s’est habituée à cette nouvelle liberté.
Elle vient donc me parler en gloussant. Dites-lui vous qui sortez quand vous voulez que c’est normal. Marcelo est bien ennuyé, il travaille dans la maison, il ne peut pas m’envoyer ballader. Pourtant ce n’est pas l’envie qui lui en manque. Il bafouille et finit par me dire que c’est culturel, que je ne peux pas comprendre. Je t’en foutrais du culturel lui qui nous serine toute la journée avec ses idéaux d’égalité. Comment peut-il nous parler de liberté s’il n’y en a pas chez lui ? Vous voyez me dit Calina il ne veut pas. Et quand bien même ? Comment ça quand bien même ? Qui vous a dit que vous deviez lui demander à votre mari l’autorisation ? Elle n’en revient pas, elle n’y avait pas pensé. Vous ne lui demandez pas ? Non. Elle trouve l’idée formidable. Je vais vous apprendre à vous libérer lui dis-je et nous voilà manifestant dans la maison avec le cri d’ordre de "liberté pour les femmes". Olivier est prudemment resté dans son bureau, Marcelo a fui dans le jardin. Eloïse s’est dit que nous étions un peu cinglées. Il n’y a eu que Maxou pour nous soutenir bruyamment…
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Le mari de Calina a montré patte blanche. Il ne boit plus, travaille, fait des compliments à sa femme et s’occupe de leur fils. Après huit mois de séparation, elle l’a autorisé à revenir chez elle sous très haute surveillance. Il reste un petit tout petit hic : il ne veut pas qu’elle sorte seule avec ses copines le vendredi soir. Et ma Calina s’est habituée à cette nouvelle liberté.
Elle vient donc me parler en gloussant. Dites-lui vous qui sortez quand vous voulez que c’est normal. Marcelo est bien ennuyé, il travaille dans la maison, il ne peut pas m’envoyer ballader. Pourtant ce n’est pas l’envie qui lui en manque. Il bafouille et finit par me dire que c’est culturel, que je ne peux pas comprendre. Je t’en foutrais du culturel lui qui nous serine toute la journée avec ses idéaux d’égalité. Comment peut-il nous parler de liberté s’il n’y en a pas chez lui ? Vous voyez me dit Calina il ne veut pas. Et quand bien même ? Comment ça quand bien même ? Qui vous a dit que vous deviez lui demander à votre mari l’autorisation ? Elle n’en revient pas, elle n’y avait pas pensé. Vous ne lui demandez pas ? Non. Elle trouve l’idée formidable. Je vais vous apprendre à vous libérer lui dis-je et nous voilà manifestant dans la maison avec le cri d’ordre de "liberté pour les femmes". Olivier est prudemment resté dans son bureau, Marcelo a fui dans le jardin. Eloïse s’est dit que nous étions un peu cinglées. Il n’y a eu que Maxou pour nous soutenir bruyamment…
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Vous allez certainement trouver que nous sommes victimes d’une malédiction postale internationale mais ici aussi le courrier est organisé de façon étrange. Au moins, le facteur est doté d’une mémoire constante. Il se souvient de notre nom. Il a rapidement compris que nous étions étrangers. il a préféré venir nous expliquer d’une voix embarrasée que la loi chilienne était un peu particulière puisqu’elle fixe un prix de trente pesos par lettre reçue. Oui reçue, il ne suffit pas de payer le timbre. Lars, le précédent locataire, a cru à une plaisanterie. Nous avons été moins difficile à convaincre Calina nous avait prévenus.
Payer le facteur n’est pas la seule curiosité de ce pays, le fait de retrouver son courrier par terre ou dans les fentes de la porte en une autre. En bonne Française, j’ai troçuvé la chose suffisamment agaçante pour chercher à acheter une boîte aux lettres. J’ai du me rendre à l’évidence, personne n’en vend. J’ai donc fait plusieurs allers retour dans ma rue pour vérifier mon intuition, personne n’en a. Une amie française m’a confirmé l’étrangeté de la chose. Ils en ont fabriquées quatre avant de jeter l’éponge : toutes volées. J’espère qu’ils en ont fait des cabanes pour oiseaux soupire mon amie philosophe. La seule solution est donc de souder la boîte sur la porte. Mais il restera une étape quasi infranchissable: convaincre le facteur de s’en servir. Je n’aurais jamais cru le simple fait de recevoir du courrier aussi différent d’un pays à l’autre….
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Voici une chose incroyable dans ce pays : moins de trois heures de route séparent ces deux paysages !
Nous sommes donc allés skier dans les Andes au dessus de Santiago. Le ski ici est réellement un sport de luxe peu de Chiliens fréquentent les stations surtout en semaine. La clientèle est étrangère, on parle Américain ou brésilien sur les tire-fesses et les pistes sont presque vides. Enthousiastes comme nous l’étions, nous nous sommes jetés sur les pistes pour pleurer quelques heures plus tard. Indépendamment de la température anormalement basse pour un mois de juillet, mon corps outré s’est décidé à me rappeler que j’étais très très loin de mes vingt ans et tous mes muscles couinent en cadence quand j’essaie de me déplacer. Je vous épargne la description de mon mari, pourtant plus jeune, qui geint du fond du canapé…
Il nous a fallu ce matin nous rendre en boitillant sous une pluie battante au théâtre pour admirer la non performance de notre fils parfaitement indifférent quant au concept d’acteurs et de danse. Peu importe nous l’avons trouvé mignon et au moins nous étions assis sur des chaises à notre taille dans une pièce chauffée c’est toujours mieux que rien…
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Après tous ces incidents, j’étais un peu échaudée quant à une quelconque relation amicale. D’autant que j’ai trouvé le moyen d’être coincée entre deux mères de l’école qui se détestent cordialement, chacune me recommendant de me méfier de l’autre. Une situation exactement comme je les cauchemarde. Aussi quand l’une d’elle, étudiante en architecture, est venue me proposer de m’emmener visiter Valparaiso j’ai failli dire non. J’aurais vraiment eu tort. J’ai vraiment passé un moment extraordinaire dans un endroit un peu hors du temps.
Maria m’a emmenée à Playa Ancha de l’autre côté de la baie. Dans un endroit autrefois très huppé face aux ports. Les vieilles maisons de bois avec leurs salles de bal et leurs intérieurs intérieurs rappellent à quel point il faisait bon vivre ici avant que les écoles et les gens chics ne se délocalisent vers Vina.
Nous sommes ensuite rentrées par la cintura. Un chemin entre les collines et les maisons de bric et de broc de la poblacion. J’ai découvert une femme passionnée par ses études et très différente de la façade qu’elle affiche à l’école. Une pause bien agréable qui m’a fait réfléchir à l’opportunité de retourner étudier en faculté la botanique. Il me reste six mois pour réfléchir sérieusement à la question.
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