Après la pluie, la pluie

Bien sûr quand Lolo est rentrée nous étions remontés à bloc. Nous avions déjà une liste longue comme le bras de punitions éventuelles. Et nous lui sommes tombés dessus comme un mur de briques. Je doute qu′elle ait saisi sur le moment la gravité de son acte. Elle avait l′air assez effarée de notre réaction et face à notre colère. Nous avons passé le week-end à le lui faire comprendre. Au début, elle a suivi son comportement typique qui est de refuser de parler des événements. Mais cette fois-ci, chacun notre tour, nous sommes revenus à l′assaut jusqu′à lui faire admettre qu′elle ne pouvait pas continuer à extérioser autant sa rage.

Ma conversation avec le reponsable des transports a fortement dédramatisé le contexte. Il semblerait que tout le monde s′était mis de la partie pour s′agiter ce jour-là. Ce qui ne dédouane pas ma fille d’être la seule à avoir franchi la limite de lever la main sur les autres. Heureusement, elle aime tellement sa nouvelle école que la menace de la suspension a été la pire pour elle. Surtout que nous lui avons rappelé que la seule option qui s′offrirait alors à nous serait de l’envoyer en internat dans un collège des Andes où elle devrait skier pour se rendre au réfectoire. Skier sa version personnelle de l’enfer, il semblerait. Elle a écrit en trois langues des pages entières de promesses de comportements meilleurs, et, pour la première fois depuis que son grand-père est parti, nous avons rejoué avec elle sur la plage. C’est sa façon à elle (d’une stupidité effarante) de nous faire payer l’expatriation. A chaque fois qu’un visiteur s′en va, Eloïse ne verse pas une larme mais se conduit n’importe comment pendant au moins deux semaines. J’espérais qu’avec ses sept ans, elle s′assagirait, j’étais loin du compte. Les pendules sont donc remises à l’heure jusqu’au prochain déraillement.

Sur la plage (c) SB

Original post by sophie bellais

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